• actualités sociales

    Les réformes du droit travail visent : à plafonner les indemnités allouées aux salariés en cas de licenciement abusif, à donner la possibilité à l'employeur de négocier l'abandon de certains compléments  de rémunération, d'utiliser des CDD dans les circonstances et pour les durées qu'il estime souhaitables, de licencier un groupe de salariés sous la forme de "ruptures conventionnelles collectives", d'initier un référendum dans son entreprise, de négocier un accord d'entreprise avec un élu du personnel même non mandaté par un syndicat, d'instaurer une instance unique à la place des délégués du personnel, du comité d'entreprise et du CHSCT, voire du délégué syndical. En outre une de ses dispositions légitime un licenciement économique en France quand bien même une multinationale serait bénéficiaire dans d'autres régions du monde.

    voir précisions sur cette réforme     preoccupante 

  • Des syndicats mieux reconnus qui doivent travailler ensemble   

     

     En dehors d'épisodes fortement médiatisées, les syndicats ne sont plus assez connus ni reconnus dans la société, par exemple par les jeunes en apprentissage qui vont bientôt rapidement connaître le monde du travail, qui n'ont pas d'occasion de connaître le rôle et l'histoire du syndicalisme.

    Lorsque l'on parle des syndicats en général c'est parfois pour les ranger derrière un qualificatif peu élogieux, ainsi « Quand il y a une grève en France personne ne s'en aperçoit » disait Sarkozy en 2008, lorsqu'il était président. Ceci étant, le paysage syndical français est très composite, il existe un groupe de syndicats réformateurs et un autre plus contestataire, c'est un peu ce qu'on a pu voir lors de leurs réactions au projet de loi El Khomri. En fait dans mon livre je ne les ai pas abordées car il y avait trop à dire et qu'il m'aurait fallu plus de pages et sans doute aussi plus de recul, j'ai terminé ce livre en fin mars 2016, du moins avant les corrections.

    Bien entendu il y a des différences entre la CFDT et la CGT mais, trop souvent, lorsque mon interlocuteur me parle de ce problème, c'est avec passion, il s'agit alors de LA CFDT qui est condamnée en bloc parce qu'elle s'était contentée de négocier certains aspects du projet de loi, ou alors de LA CGT en la condamnant également en bloc parce qu'il était en désaccord avec ses méthodes d'action. Si on en reste là, c'est la division syndicale à perpétuité, il n'y a plus aucun espoir.

    En fait la CFDT a fait le choix de la négociation dans le cadre d'une politique réformiste et il me semble difficile d'évoluer dans notre société sans recourir à cette façon de faire. D'un autre côté la CGT a fait un autre choix, celui de la contestation de certains aspects de la loi qui relevaient d'une volonté du gouvernement d'opter pour des mesures favorisant la concurrence entre salariés, et il me semble également difficile d'évoluer dans notre société sans recourir à ce type de contestation.

    De penser que le réformisme peut, tout seul, sans la contestation obtenir des résultats significatifs dans le contexte actuel relève de l'utopisme, et croire que l'on peut avancer avec la seule contestation l'est tout autant. Schématiquement, la CGT et la CFDT ont besoin l'un de l'autre. S'ils ne sont pas aujourd'hui capables de fraterniser parce qu'ils ont des conceptions différentes sur certaines questions comment pourront-ils le faire avec des salariés non organisés qui ont parfois des conceptions bien plus éloignées des leurs.

    En fait, les réformes ont la double caractéristique d'être nécessaires et en même temps de constituer des adaptations à la politique néolibérale. La contestation elle allie également la remise en cause de ce système avec une certaine volonté que rien ne bouge dans ce même système, notamment la législation actuelle qui est néfaste pour la population souffrant le plus de la précarité. Réforme et contestation ont donc besoin de se rejoindre pour mettre en place de véritables alternatives.


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  • Thierry Lepaon

    Ce n’est pas en tirant sur le pianiste que l’on écrit une bonne partition

    Les informations relatant les problèmes de Thierry Lepaon sont trop souvent  révélatrices d’un certain traitement de l’actualité. Une focalisation sur un responsable  qui contribue à amplifier le sentiment du « tous pourris » au sein des populations coupées de tout mouvement social et politique. Comme si les dépenses (exagérées ?) du secrétaire général de la CGT étaient la cause des problèmes au sein de sa centrale syndicale. Ce type d’approches permet de capter l’attention du public sur un leader au prix de l’impasse sur des dysfonctionnements plus profonds, sans doute au-delà ce syndicat.

    Alors que les engagements d’un syndicaliste empiètent parfois sur sa vie familiale, il est tout à fait légitime qu’il cherche à ce que ses activités professionnelles et son évolution dans celles-ci n’en soient pas affectées. Si certains négocient une juste protection, bien d’autres n’y parviennent pas. Quant aux abus ils ont existé dans tous les syndicats. Ce n’est pas en jouant au « Monsieur Propre » que l’on peut venir à bout de ces problèmes. Ils ne sont révélés dans la presse que lorsqu’il s’agit d’un leader, comme c’est le cas de Thierry Lepaon, qui fait face à de fortes oppositions internes. Cette focalisation sur un responsable  est malsaine et déresponsabilise tout le monde. Elle ne fait que diminuer la visibilité du mouvement social : Le syndicaliste CGT s’imagine qu’en changeant de secrétaire général tout va se mettre dans l’ordre, les militants d’autres syndicats verront là une preuve de plus que la CGT fonctionne mal contrairement à leur propre organisation. Mais surtout une grande partie de la population, souvent non syndiquée qui, au travers de cette présentation, sera renforcée dans sa conviction que le syndicalisme ne sert qu’à une minorité de salariés protégés.        

    Au moment où dans notre hexagone d’aucuns s’inquiètent de la monté de la violence et de l’audience de l’extrême droite, du manque de visibilité de nos politiques actuelles, il me semble, au contraire,  indispensable de responsabiliser le maximum de monde. Pour ce qui est de l’activité syndicale, au-delà des particularités de chacun, les causes de la faiblesse du mouvement dans son ensemble a de multiples causes qui ne lui sont imputables que pour partie. Prenons la professionnalisation du syndicalisme, la responsabilité incombe aussi au monde de l’entreprise qui, depuis quelques décennies, tolère difficilement la présence militante au sein de ses activités. L’adaptation des revendications syndicales à notre société mondialisée et de plus en plus inégalitaire exige aujourd’hui, au-delà d’une réflexion des syndicalistes, un travail en commun entre ces derniers et d’autres acteurs sociaux de la solidarité, des échanges avec des intellectuels pour construire d’autres approches de la solidarité, d’autres modes de fonctionnement. Notre démocratie a tout à gagner à ce qu’une actualité souvent basée, sur l’émotion et la condamnation,  cède place à une information plutôt préoccupée par le souci de compréhension. 

    le 5 janvier 2015


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  • Charlie Hebdo

    Solidarité avec Charlie Hebdo, il le faut,  et  après ?

    Nous ne pouvons que nous indigner devant ces lâches assassinats dans les locaux du journal Charlie Hebdo. Depuis, les multiples manifestations de solidarité ont mobilisé une population importante. De même que les appels à ne pas céder aux menaces ou aux divisions doivent être pris en compte. Pour autant, toutes ces manifestations  d’indignation, tous ces appels à l’unité seront-ils suffisantes pour enrayer les différentes formes de violence qui s’installent dans nos sociétés d’aujourd’hui ? Sans doute faut-il d’abord prendre garde à ne pas se tromper d’adversaire. Si nous avons des motifs de division, ce n’est pas entre croyants et non croyants, entre catholiques et musulmans mais bien entre démocrates pacifiques- croyants ou non- et fanatiques pratiquant la violence au nom de la religion et ne respectant pas les valeurs humaines.

    Le fanatisme et la violence ne sont pas propres à la religion, ils existent également dans d’autres croyances que sont les idéologies. Ainsi nos sociétés  actuelles sont de plus en plus inégalitaires. L’opulence de quelques-uns n’a aucune honte à côtoyer la misère d’une population de plus en plus importante. L’acte barbare à l’encontre de Charlie Hebdo est odieux. Bien d’autres mesures de certains pouvoirs politiques et économiques dans le monde le sont tout autant. Elles provoquent aussi la  mort par la faim, l’accident et la maladie du travail, ect.

    L’heure n’est certes pas à l’amalgame, mais il est temps de mettre en avant ce qui doit nous rassembler : Le désir de vivre paisiblement ensemble. C’est-à-dire  avec moins d’inégalités, plus de justice sociale. Des objectifs difficiles à atteindre au regard des comportements des uns et des autres. Sans doute que bien des croyants se démarquent de ces actes fanatiques. Mais, cette démarcation ne doit-elle pas s’accentuer ? Peut-être aussi que les multiples organisations syndicales et associatives condamnent ce fanatisme. Mais encore  faut-il que leurs manifestations actuelles de sectarisme  cèdent place  à un désir d’ouverture, pour donner plus de visibilité et d’efficacité à leurs objectifs de justice sociale, pour mettre en relief ce qui nous rassemble, pour faire société.

    Ce moment douloureux devrait également  être l’occasion de rebondir sur le problème de la liberté de la presse. Une liberté de penser qui exige aussi une autonomie financière. N’y aurait-il pas aujourd’hui plusieurs publications qui  pourraient mettre leurs moyens en commun ? Le mouvement de solidarité à Charlie Hebdo permettrait peut-être  de surmonter certaines difficultés pour y parvenir.

    En somme pour que notre indignation et notre solidarité fasse barrage à la violence, allons à l’essentiel éliminons ce qui peut nous diviser et cherchons ce qui peut nous rassembler.

       le 8 janvier 2015

     

     

     

     

     


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