• Hollande l'arbre qui cache la forêt....de la gauche ?

    La gauche est malade d'avoir laissé échapper son pouvoir de régulation au profit de l'économie et de la finance, devenant ainsi incapable de lutter contre la violence et les inégalités sociales.

    Mais, cette maladie est bien antérieure à la présidence de Hollande. L'OMC a permis au marché libre et auto-régulé* de prendre plus que sa place, y compris dans une Europe qui s'est construite sur cette même philosophie avec la participation active de la gauche. En dehors d'une véritable politique de croissance, du fonctionnement actuel des institutions internationales et de l'Europe, il n'y aurait pas d'alternatives.

    Cette philosophie repose sur des valeurs de bien des électeurs de gauche qui tablent sur une croissance où l'ouvrier a le regard tourné vers le plus riches, souhaitant grimper dans l'échelle sociale pour consommer tout autant que les salariés plus aisées**, espérant que ses enfants y parviennent encore mieux. L'ouvrier industriel a laissé place au salarié moins organisé, accordant plus de place à sa carrière et son épanouissement personnel ou familial.

     

    Si nombre de ceux qui s'investissent dans l'action politique et sociale n'ont pas pour autant abandonné dans le discours les valeurs de solidarité et d'investissement de soi, ils semblent parfois aussi sensibles à ce consumérisme hédoniste, à celles des opportunités personnelles au détriment de leurs investissements. Ainsi la classe politique de gauche a pu capter son lot de cadres supérieurs et d'autres citoyens de même niveau, avec un vrai discours de gauche mais, tout aussi ancré que la droite dans notre société inégalitaire.

    Depuis quelques années, en  France comme dans d'autres pays les leaders populistes ou d'extrême droite se sont saisis de ces contradictions pour fustiger la gauche et appeler les classes les plus modestes, « ceux qui travaillent et se lèvent tôt », à voter à droite***, une droite qui a bien perçu que l'électeur ne pardonne pas aux candidats de gauche d'avoir les mêmes comportements que les siens.

    Il ne s'agit plus de regretter une gauche qui n'est plus adaptée au monde d'aujourd'hui mais de réinventer une autre gauche plus humaine qui adapterait l'économie aux besoins d'une société plus juste, plus solidaire et plus fraternelle. Cette gauche existe déjà dans le cœur et la tête de plusieurs citoyens encore faut-il lui donner plus de visibilité.


    Remarque ; je ne revendique pas la paternité de nombre de ces idées voir ci-dessous :

    * Essais de Karl Polanyi éd du Seuil 2008 une formule que notre économiste utilisait déjà à la fin des années 1940.

    **Le Monstre doux, Raffaele Simone, éd. Gallimard, 2010

     ***Pourquoi les pauvres votent à Droite, Thomas Franck, éd. Agone 2013