• quelles alternatives à gauche ?

    Si nous voulons que les termes d'alternatif et de gauche ne soient plus perçus comme un oxymore, il devient indispensable d'impulser un changement de nombre de comportements de la classe politique. Des comportements auxquels nous assistons lors des primaires qui, telles qu'elles sont organisées, ne font qu'amplifier notre comédie électorale avec les stratégies et les ego des uns et des autres. Chaque candidat joue sa carte avec son parti ou avec son réseau.

    D'autres pensent que cette faiblesse de la classe politique ne fait que refléter celle de la société civile, estimant que cette dernière n'est pas encore assez mûre pour jouer son rôle. Sans doute mais, elle a aussi des personnes capables de prendre des initiatives voire des mandats politiques, il en existe dans toutes les catégories sociales, dans les associations, les syndicats, les intellectuels, tant dans les couches moyennes qu'au niveau des salariés en situation de précarité.

    N'est-il pas alors possible de s'accorder pour formuler de véritables exigences à nos différents candidats de 2017 ? La plus simple serait de proposer une réforme politique qui permette à toutes les couches sociales d'être représentées, sachant que pour atteindre cet objectif il va d'abord falloir que les élus cèdent leur place pour les donner à un maximum de personnes. Ce qui nécessite d'exiger de l'ensemble des candidats à la présidentielle, comme aux législatives de 2017 de ne s'engager que pour un seul mandat non renouvelable, et de faire en sorte de modifier la constitution pour que ce renouvellement ne soit plus permis. 

    Ceci permettrait de rapprocher l'électeur d'un candidat qui, après son élection, n'aurait plus le souci de son déroulement de carrière, et serait plus disponible pour exercer son mandat. Les partis devraient abandonner leurs accompagnements de politiciens professionnels avec leur lutte des places, leur transmission de responsabilités de père en fils...ou en fille ! Leur rôle devrait être reconsidéré.

    Encore faut-il s'accorder avec un nombre significatif de candidats de l'ensemble des partis de gauche et de nombre d'organisations de la société civile pour organiser un autre type de primaire. Au final, le candidat représenterait plusieurs partis ainsi que plusieurs organisations de la société civile, aurait plus de légitimité que n'importe quel autoproclamé ou adoubé par un seul parti.

    Effectivement c'est un changement de notre perception de la politique, du rôle des acteurs sociaux. Sachant qu'on, ne change pas toutes nos habitudes dans le même temps, il est possible d'impulser une telle initiative qui va progressivement en permettre d'autres. La société civile a ainsi pour 2017 l'occasion d'y contribuer tout en sensibilisant la population sur ses préoccupations. Un travail supplémentaire certes qui nécessite une certaine dose d'audace, la mienne s'est limitée à en parler dans mon second livre.